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Daniel Doillon, Dirigeant de la Société Bernard Dumas à Creysse (24)

Focus Industrie : Interview de Olivier Athanase, IXO Private Equity

Lancement d’un ligne de production au sein de l’entreprise Bernard Dumas.

« Le dirigeant de Bernard Dumas nous a convaincu par sa vision stratégique : l’enjeu était de se développer au bon moment sur un marché de niche au devenir exponentiel ! »

Quand on est rentré au capital, le projet était d’accompagner la société pour se développer sur les séparateurs AGM, marché sous-jacent qui présentait un potentiel très fort.

Face à la problématique de coût des matières premières et du pétrole, les systèmes Stop & Go développés à l’époque en Europe sur les grosses berlines allaient se démocratiser sur l’ensemble des gammes. Les moteurs Stop & Start nécessitant une batterie AGM, le marché de la « première monte » par les fabricants automobile allait exploser, puis être amplifié par celui des renouvellements.

Le projet de la société Bernard Dumas était pour iXO Private Equity ambitieux mais très fiable, sécurisé par un audit approfondi sur les plans financier et industriel. Le fait que Bernard Dumas soit axé à 80 % sur l’export était positif pour bénéficier de cette dynamique. On avait confiance dans la management et son très bon crédit auprès des acteurs de l’automobile.

L’erreur fatale aurait été de délaisser l’outil industriel et de réduire les investissements R&D

 On est rentrée fin 2008 dans un contexte tendu avec la crise financière. Les premiers mois de 2009 étaient catastrophiques mais nous avons jugé que ce n’était que passager. Il ne fallait pas paniquer et surtout ne pas perdre de parts de marché : en maintenant la capacité de production, la présence chez les clients à la fois par le service et par la R&D, nous restions pertinents.

Le marché allait redémarrer et ceux qui étaient présents en bénéficieraient tandis que ceux qui s’étaient repliés sur eux resteraient dehors.

On a pas eu a étendre plus de 6 mois pour voir revenir des rythmes de croissance très bons.

Quand la question de l’investissement de la seconde ligne s’est posée, c’était positif pour nous ! Nous avions prévu que si le marché validait notre analyse d’évolution nous ferions cet investissement. On a donné le feu vert rapidement car on était sur un marché en développement très dynamique et tout temps perdu aurait représenté un risque de voir la concurrence prendre position chez le client.

Nous avons financé les 6 M€ pour cette 2ème ligne de façon optimale vue la taille de la société (15 M€ de CA) pour ne pas étouffer Bernard Dumas avec le projet.
Le montage global du financement se compose d’un mix de dette senior supplémentaire au niveau de la holding de reprise, de crédit-bail immobilier, de subventions et de recours à une partie de la trésorerie disponible de la société que nous avions maintenu à cet effet lors de notre entrée au capital en 2008.

La pérennité et la visibilité de Bernard Dumas se sont considérablement renforcées

Il fallait faire cet investissement car sur un secteur en croissance, soit vous accompagnez la croissance et vous pouvez surperformez, soit vous ne suivez pas et vous sortez du marché en rentrant dans une spirale négative : le mouvement peu perceptible au début s’accélére ensuite fortement et devient incontrôlable.  Un an après l’investissement dans la 2ème ligne, les faits nous ont donné raison : non seulement l’entreprise est pérenne mais est passé au stade supérieur en devenant un des 3 acteurs leader au plan mondial sur un marché tiré par l’évolution de l’automobile européenne.

Face à cette dynamique, la question qu’il faudra rapidement se poser est de savoir si une troisième ligne de production serait stratégiquement pertinente.

 

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